Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Ponsard, né cii 1818.
11 produisit une vive sensation dans le monde dramatique, en
France, par %-à Lucrèce, tragédie composée sur le modèle classique,
et qui eut d'abord un beau succès. Un autre drame, Agnès de
Méranie, qui fut moins heureux, otfre néanmoins des beautés remar-
quables. Ses comédies. VHonneur et V Argent, et la Bourse, sont
excellentes, et rappellent Molière par la vérité des carractères, par
la force comique et par la touche vigoureuse du style.
VIVONS POUR NOUS.
Non pas. Je ne puis pas admettre
Qu'un importun m'oblige à répondre à sa lettre,
Et, parce qu'il lui plaît de noircir du papier,
Me comdamne, moi-même, à ce fâcheux métier.
Ma vie est occupée, et de mes jours rapides
Je ne puis rien donner aux choses insipides.
■Je vis pour admirer la nature et les arts;
Des chefs-d'œuvre divers j'enchante mes regards;
J'en ai pour tout un jour d'une belle peinture;
De mes auteurs connus je me fais la lecture,
Et vais passer aux champs ces beaux jours du bon dieu.
Où la feuille des bois reluit sous le ciel bleu!
Mais aller chez des gens que l'on connaît à peine.
Pour échanger, sans but, quelque parole vaine;
Avoir des rendez-vous; savoir l'heure qu'il est;
S'arracher avec peine aux lieux où l'on se plaît;
Quitter le coin du feu, la page commencée,
Et le fauteuil moelleux où s'endort la pensée ;
Se parer, s'épuiser en efforts maladroits
Pour enfoncer sa main dans des gants trop étroits.
Et pouvoir se montrer, d'une façon civile.
En deux salons, placés aux deux bouts de la ville;
Est-ce vivre? Et n'a-t-on pas droit de s'étonner
Que des hommes de sens veuillent s'y condamner?
— Quant à moi, je n'en ai les moyens ni l'envie;
Mon mince revenu m'interdit cette vie.