Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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De plus en pins elle s'engage:
Marchons, et confessons le nom de Jéhova!"
J'imis donc à les chants quelques chants téméraires.
Prends ton luth immortel; nous combatrons en frères
Pour les mêmes autels et les mêmes foyers.
Montés au même char, comme un couple homérique.
Nous tiendrons, pour lutter dans l'arène lyrique
Toi la lance, moi les coursiers.
Nos sages répondront: — //Que nous veulent ces hommes?
Ils ne sont pas du monde et du temps dont nous sommes.
Ces poètes sont-ils nés au sacré vallon?
Où donc est leur Olympe? où donc est leur Parnasse?
//Quel est leur dieu qui nous menace?
A-t-il le char de Mars? A-t-il l'arc d'Apollon?
Pourquoi dans nos plaisirs nous suivre comme une ombre;
Pourquoi nous dévoiler dans sa nudité sombre
L'affreux sépulcre, ouvert devant nos pas tremblants?
Anacréon, chargé du poids des ans moroses,
Pour songer à la mort la comparaît aux roses
Qui mouraient sur ses cheveux blancs.
Voilà de quels dédains leurs âmes satisfaites
Accueilleraient, ami, dieu même et ses prophètes!
Et puis, tu les verrais vainement irrité.
Continuer, joyeux, quelque festin folâtre,
Ou pour dormir aux sons d'une lyre idolâtre
Se tourner de l'autre côté.
Mais qu'importe? accomplis ta mission sacrée.
Chante, juge, bénis; ta bouche est inspirée!
Le Seigneur en passant t'a touché de sa main;
Et pareil au rocher qu'avait frappé Moïse,
Pour la foule au désert assise,
La poésie à flots s'échappe de ton sein!
Moi, fussé-je vaincu j'aimerai ta victoire.
Tu le sais, pour mon coeur, ami de toute gloire.