Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Pourquoi reculer d'épouvante,
Anglais? son bras est désarmé.
La flamme l'environne, et sa voix expirante
Murmure encore: pO France! ô mon roi bien-aimél"
LE CIDl) FAIT A SA FILLE ELVIRE
le récit d'une faiblesse dont ii s'est rendu coupable pour elle.
C'est une vieille histoire
Que je veux le conter, mais bien pas, pour ma gloire.
»A nous, Campéador! .. 2) m'avait écrit le roi,
»Voici les Sarrazins." Pas un réal chez moi
Pour équiper ma bande et la conduire en plaine.
Alors de mon manoir la douce châtelaine.
Qui voyait mon souci, te mil sur mes genoux;
Me quitta, puis revint en m'olTrant ses bijoux.
Je crois l'entendre encor: »Tiens, mon Cid, va les vendre;
Le Sarrazin/' dit,-elle »est là pour me les rendre."
A quoi je répondis: »Chimène, mes amours,
Il te rendra ton bien avant qu'il soit dix jours."
J'emportais les brillants; mais est-il femme ou fille
Qui se puisse tenir d'admirer ce qui brille?
Non; les vouloir, les prendre, el ne plus les lâcher,
C'est ce que fit Elvire; et j'eus beau me fâcher,
Dans son courroux d'enfant qui ta rendait plus belle,
Tenant toujours sa proie, elle osa, la rebelle.
Lever, pour se défendre, en lionne qu'elle est,
Ses deux petits poings nus contre mon gantelet.
...........Je fis en sorte,
Elvire, que la main ne fût pas la plus forte.
Tu te pris à pleurer, et, tout gonflés, tes yeux
Faisaient à ce trésor de si tristes adieux.
Que je sentis mon coeur s'amollir de tendresse,
La pitié l'emporta. Jamais, c'est ma faiblesse.
Aux larmes d'un enfant je n'ai su résister;
Et je dis à Chimène: »11 faut la contenter."
1) Synonyme de Seigneur.
2) Vaillant capitaine.