Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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L'amour du nom français, le mépris du danger;
Voilà sa magie et ses charmes ;
En faut-il d'autres que des armes
Pour combattre, pour vaincre et punir l'étranger?
Du Christ avec ardeur Jeanne baisait l'image ;
Ses longs cheveux épars flottaient au gré des vents:
Au pied de l'échafaud, sans changer de visage.
Elle s'avançait à pas lents.
Tranquille, elle y monta: quand, debout sur le faîte
Elle vit ce bilcher qui l'allait dévorer,
Les bourreaux en suspens, la flamme déjà prête,
Sentant son cœur faillir, elle baissa la tête
Et se prit à pleurer.
Ah! pleure, fille infortunée!
Ta jeunesse va se flétrir,
Dans sa fleur trop tôt moissonnée !
Adieu, beau ciel, il faut mourir!
Te ne reverras plus tes riantes montagnes.
Le temple, le hameau, les champs de Vaucouleurs,
Et ta chaumière, et tes compagnes,
Et ton père expirant sous le poids des douleurs.
Chevaliers, parmi vous qui combattra pour elle?
N'osez-vous entreprendre une cause si belle?
Quoi! vous restez muets! aucun ne sort des rangs!
Aucun pour la sauver ne descend dans la lice !
Puisqu'un forfait si noir les trouve indifl'érents,
Tonnez, confondez l'injustice,
Cieux, obscurcissez-vous de nuages épais ;
Eteignez sous leurs flots les feux de sacrifice.
Ou guidez au lieu du supplice,
A défaut du tonnerre, un chevalier français.
Après queli|ues instants d'un horrible silence,
Tout à coup le feu brille; il s'irrite, il s'èlance . ..
Le cœur de la guerrière alors s'est ranimé;
A travers les vapeurs d'une fumée ardente,
Jeanne encor menaçante,
Montre aux Anglais son bras à demi consumé.