Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Où la ville elle-même et s'altrisle et s'ennuie,
Lorsqu'à travers la vitre on voit la froide pluie
Tomber, tomber encore; ou, de légers flocons,
La neige au loin blanchir le laite des maisons;
Ohl que l'élude alors est douce el délectable!
A couvert des frimas, quel charme inexprimable
De lire el de rêver, tranquille en son réduit.
Près du feu rayonnant, qui brille à petit bruit!
Le soir, quand le silence occupe nos demeures,
Que seules de la nuit se répondent les heures,
Qu'on aime à prolonger le doux travail des jours!
Le temps fuit, l'airain sonne, et l'on veille toujours;
Et dans la longue extase où se perd la pensée,
On ne se souvient plus de la nuit avancée.
Mais i|ui n'a pas joui des charmes du matin?
De l'heure où, réveillé par le timbre argentin.
Je me lève avant l'aube, alors que tout sommeille,
Et ranime au foyer la cendre de la veille.
Il fait nuit: du matin le calme et la fraîcheur
D'un plaisir inconnu font palpiter mon cœur.
Dans le sommeil de tous trouvant ma solitude.
Près du foyer brillant, doux ami de l'étude,
Assis à la clarté du flambeau matinal,
Jé médite Corneille, ou Montaigne ou Pascal,
Ou les hommes fameux de Home et de la Grèce,
Et de leurs vieux écrits l'éternelle jeunesse.
Je me rappelle encor, non sans ravissement,
La classe, son travail, son silence charmant;
Je tressaille en songeant aux paisibles soirées.
Sous les regards du maître au devoir consacrées,
Quand devant le pupitre, en silence inclinés,
Nous n'entendions parfois, de nous-même étonnés,
Que d'instant en instant quelques pages froissées
Ou l'insensible bruit des plutncs empressées.
Qui, toutes à l'envi, courant sur le papier.
De leur léger murmure enchantaient l'écolier.
0 jeunesse! ô plaisirs! jours passés comme un songe.
Du moins, ces temps heureux, l'étude les prolonge;