Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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— /^Rien du lout; car j'entends ne le vendre à personne.
Il vous faut est fort bon . .. mon moulin est à moi____
Tout aussi bien au moins que la Prusse est au roi."
— //Allons, ton dernier mot, bon homme, et prends-y garde."
— //Faut-il vous parler clair ?" — //Oui." — //C'est que je le garde :
Voilà mon dernier mot." Ce refus effronté
Avec un grand scandale au prince est raconté.
Il mande auprès de lui le meunier indocile;
Presse, flatte, promet; ce fut peine inutile,
Sans-Souci s'obstinait. //Entendez la raison.
Sire, je ne peux pas vous vendre ma maison:
Mon vieux père y mourut, mon fils y vient de naître;
C'est mon Potsdam, à moi. Je suis tranchant peut-être:
Ne l'êtes-vous jamais? Tenez, mille ducats.
Au bout de vos discours, ne me tenteraient pas.
11 faut vous en passer; je l'ai dit, j'y persiste."
Les rois malaisément soulTrent qu'on leur résiste.
Frédéric un moment par l'humeur emporté:
//Parbleu! de ton moulin c'est bien être entêté;
Je suis bon de vouloir t'engager à le vendre:
Sais-tu que sans payer je pourrais bien le prendre?
Je suis le maître." — //Vous!... de prendre mon moulin?
Oui, si nous n'avions pas des juges à Berlin."
Le monarque, à ce mot, revient de son caprice.
Charmé que sous son règne on crût à la justice;
Il rit, et se tournant vers quelques courtisans:
//Ma foi, messieurs, je crois qu'il faut changer nos plans.
Voisin, garde ton bien ; j'aime fort ta réplique."
Qu'aurait-on fait de mieux dans une république?
Le plus sur est pourtant de ne pas s'y fier:
Ce même Frédéric, juste envers un meunier.
Se permit maintes fois telle autre fantaisie:
Témoin ce certain jour qu'il prit la Silézie;
Qu'à peine sur le trône, avide de lauriers,
Épris du vain renom qui séduit les guerriers.
Il mil l'Europe en feu. Ce sont là jeux de prince:
On respecte un moulin, on vole une province.