Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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use noblpinent sa vie. Voilà ce que j'ai fait et ce que je ferais
encore, si j'avais à recommencer ma route; je prendrais celle qui
m'a conduit où je suis. Aveugle et souffrant sans espoir et presque
sans relâche, je puis rendre ce témoignage, qui de ma part ne sera
pas suspect: il y a au monde quelque chose qui vaut mieux que
les jouissances matérielles, mieux que la fortune, mieux que la santé
elle-même, c'est le dévouement à la science.
Villemain, né en 1791.
La France le compte avec orgueil parmi les écrivains qui ont le
mieux honoré leur pays par l'éminence du génie et les plus nobles
qualités du cœur. Son esprit est aussi varié que profond, et sa vieil-
lesse féconde autant que sereine nous donne presque chaque année
une production nouvelle. Nous citerons parmi ses nombreux écrits
le Tableau de la littérature au moyen âge, le Tableau de la
littérature du 18e dè.cle, les Mélanges historiques et littéraires^
VHistoire de Cromwell et ses Etudes sur Chateaubriand.
CROMWELL.
Les plus rigoureux censeurs, les ennemis même de Cromwell ne
hii ont pas refusé un grand esprit, une admirable prudence, et la
plus intrépide fermeté ; mais, après l'audace, le plus puissant ressort
de son élévation fut la connaissance des hommes et de l'esprit de
son temps. Cette pénétration, qui lui apprit ce qu'il pouvait espérer
du fanatisme, explique son hypocrisie, que l'histoire atteste et qu'on
ne saurait mettre en doute sans ôter quelque chose à l'idée de son
génie; car les homtnes verraient toujours moins de grandeur dans na
fanatique de bonne foi que dans un ambitieux qui fait des enthou-
siastes. Cromwell mena les hommes par la prise qu'ils lui donnaient
sur eux. L'ambition seule lui inspira des crimes qu'il ût exécuter
par le fanatisme des autres. Dans tout ce qui ne touchait pas â
la puissance, l'esprit généralement moral de son siècle le rendit équi-
table. La supériorité de sa raison lui permit rarement d'être per-
sécuteur. Il ne se vengea d'aucun rival ni d'aucun ennemi, satisfait
de les dominer tous. Ses mœurs privées étaient pures et sévères, sa
courte domination porta l'Angleterre au plus haut point de grandeur
où elle soit parvenue avant de jouir de sa constitution, et il n'y
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