Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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je puis jouir sans m'écartcr de la soumission que je dois au monarque
de la France?''
Cliafeaubriand, né en 1769, mort en 1848.
On le cite généralement comme la plus haute célébrité littéraire
de la France du 19e siècle. Né avec une imagination riche et ardente,
il passa une partie de sa jeunesse dans les voyages et dans l'exil.
Revenu en France lors du rappel des émigrés, il publia son Géhi^
du Chrùtianisme, au momeï)t où les églises se rouvraient en France
pour les fidèles. Cette production fit épw]ue dans le monde litté-
raire; elle obtint un succès inoui. Sa gloire augmenta encore par
la publication des ilfflr/^yr«, poème en prose, p^v T Itinéraire de
Paris à JérusaUm, où il nous donne la brillante relation de son
voyage en Grèce et en Terfe-Sainle en 1806. Dans la suite le rôle
éminent qu'il jona en politique donna naissance à un grand nombre
d'écrits plus ou moins remarquables. Dans sa polémique Chateau-
briand déploie une verve, une éloquence entraînante et irrésistible,
et dans la description des grandes scènes de la nature il réunit deux
qualités rarement d'accord, l'exactitude la plus fidèle et l'imagi-
nation la plus riche et la plus brillante. Aucun écrivain français,
pas même Rernardin de St.-Pierre, ne peut lui disputer la palme du
style descriptif.
DEUX PERSPECTIVES DE LA NATURE.
Nous pré^nterons aux lecteurs deux perspectives de la nature,
l'une marine et Tautre terrestre; l'une, au milieu des mers Atlanti-
ques; l'autre, dans les forêts du Nouveau-Monde, afin qu'on ne
puisse attribuer la majesté de ces scènes aux rhoments des hommes.
Il nous arrivait souvent de nous lever au milieu de la nuit, et
d'aller nous asseoir sur le pont du navire , où nous ne trouvions
que l'officier de quart, et quelques matelots, qui fumaient leurs
pipes en silence. Pour tout bruit on entendait le froissement de la
proue sur les flots, tandis que des étincelles de feu couraient avec
une blanche écume le long les flancs du navire. Dieu des chrétiens!
c'est surtout dans les eaux de l'abîme et dans les profondeurs des.
cieux, que tu as gravé bien fortement les traits de la toute-puis-
sance. Des millions d'étoiles rayonnant dans le sombre azur du
dôme céleste! lu lune au milieu du firmament! une mer ssins rivage !
l'infini dans le ciel et sur les flots! . .. Jamais tu ne m'as plus