Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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LE REFRAIN TOUCHANT,
Parmi les gens du peuple, la religion a, dans le nord de l'Alle-
magne, un caractère idéal et doux qui surprend singulièrement
dans un pays dont on est accoutumé en France à croire les mœurs
très-rudes.
Une fois, en voyageant de Dresde à Leipzig, je m'arrêtai le soir
à Meissen, petite ville placée sur une hauteur, au-dessus de la
rivière, et dont l'église renferme des tombeaux consacrés à d'illus-
tres souvenirs. Je me promenais sur l'esplanade; et je me laissais
aller à cette rêverie que le coucher du soleil, l'aspect lointain du
paysage, et ie biuit de l'onde qui coule au fond de la vallée,
excitent si facilement dans notre àme: j'entendis alors les voix de
quelques hommes du peuple, et je craignais d'écouter des paroles
vulgaires, telles qu'on en chante ailleurs dans les rues. Quel fut
mon étonnement, lorsque je compris le refrain de leur chanson:
Ih se sont aimés, et ils sont m^rts avec Vespoir de se retrouver un
jour! Heureux pays, que celui où de tels sentiments sont popu-
laires, et répandent jusque dans l'air qu'on respire je ne sais quelle
fraternité religieuse, dont l'amour pour le ciel et la pitié pour
l'homme sont le touchant lien!
MADAME DE STAËL A NAPOLEON, EMPEREUR DES FRANÇAIS.
• Sire,
Je prends la liberté de présenter à Votre Majesté mon ouvrage
sur rÀllemagne. Si elle daigne le lire, il me semble qu'elle y
trouvera la preuve d'un esprit capable de quelques réflexions, et
que le temps a mûri. Sire, il y a douze ans que je n'ai vu Votre
Majesté et que je suis exilée. Douze ans de malheurs modifient
tous les caractères, et le destin enseigne la résignation à ceux qui
souffrent. Prête à m'embarquer, je supplie Votre Majesté de m'accor-
der une demi-heure d'entretien. Je crois avoir des choses à lui
dire qui pourront l'intéresser, et c'est à ce titre que je la supplie
de m'accorder la faveur de lui parler avant mon départ. Je me
permettrai seulement une chose dans cette lettre : c'est l'explication
des motifs qui me forcent à quitter le continent, si je n'obtiens
pas de Votre Majesté la permission de vivre dans une campagne
assez près de Paris pour que mes enfants y puissent demeurer.
La disgrâce de Votre Majesté jette sur les personnes qui en sont