Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Ah! I'aurais-je perdu? Serait-il bien possible?
Mon malheur est certain : me voilà confondu !
Que vais-je devenir? Hélas! j'ai tout perdu.
André Cliénier, né en 1763, mort en 1794.
Né à Constantinople d'une mère grecque et d'un père français,
il goûtait avec admiration l'antique poésie de la Grèce, et s'en in-
spira avec bonheur dans plusieurs élégies et idylles françaises. //Il
semblait," dit Villemain, //se souvenir des jeux de son enfance
et des chants de sa mère." Malheureusement la hache de la guil
lotine ne lui permit pas de mettre la dernière main à ses ébauches
dont plusieurs, quoique inachevées, sont des productions exquises
D'abord partisan des réformes que promettait la révolution, il con
damna bientôt avec un noble courage les excès qui la flétrirent
Sa généreuse hardiesse lui coûta la vie. Enfermé à la Conciergerie
il ne posa pas sa lyre ; et entre autres morceaux remarquables, il
y composa les délicieux vers suivants, qu'il met dans la bouche
d'une jeune fille, Mlle de Coigny, prisonnière dans le môme cachot.
LA JEUNE CAPTIVE,
L'épi naissant mûrit, de la faux respecté;
Sans crainte du pressoir, le pampre, tout l'été,
Boit les doux présents de l'aurore;
Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui,
Quoi que l'heure présente ait de trouble et d'ennui,
.le ne veux pas mourir encore.
Qu'un stoïque aux yeux secs vole embrasser la mort,
Moi, je pleure et j'espère ; au noir souffle du nord
Je plie et relève ma tète :
S'il est des jours amers, il en est de si doux!
Hélas! quel miel jamais n'a laissé de dégoûts?
Quelle mer n'a point de tempête?
L'illusion féconde habite dans mon sein.
D'une prison, sur moi, les murs pèsent en vain:
J'ai les ailes de l'espérance