Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Oelille, né en 1738, mort en 1813.
11 a joui pendant sa vie d'une réputation qui ne s'est pas sou-
tenue après sa mort. Poète didactique et descriptif, il écrit avec
une rare élégance, il surmonte les difficultés de la forme avec une
grande habileté, mais le feu sacré lui manque et le travail le plus
exquis ne peut voiler la faiblesse du fond, et parfois Tennui du sujet.
Toutefois il a aussi d'heureuses inspirations et rend avec bonheur
les impressions de son âme honnête et sensible. Ses poèmes sont :
les Jardins, VHomme des champs, les Trois Règnes, VImagina-
tion, la Pitié et la Conversation. Sa traduction de Virgile et de
Milton renferme des morceaux d'une grande beauté.
LE COIN DU FEU-
Le foyer des plaisirs est la source féconde,
Il fixe doucement notre humeur vagabonde.
Au retour du printemps, de nos toits échappés,
Nous portons en tous lieux nos esprits dissipés.
Le printemps nous disperse, et l'hiver nous rallie;
Auprès de nos foyers notre âme recueillie
Goûte ce doux commerce à tous les cœurs si cher;
Oui, l'instinct social est enfant de l'hiver.
En cercle un même attrait rassemble autour de l'âtre
La vieillesse conteuse et l'enfance folâtre.
Là courent à la ronde el les propos joyeux
Et la vieille romance et les aimables jeux :
Là se dédommageant de ses longues absences,
Chacun vient retrouver ses vieilles connaissances;
Là s'épanche le cœur: le plus pénible aveu,
Longtemps captif ailleurs, s'échappe au coin du feu.
Là vient se renouer la douce causerie;
Chacun en la contant recommence sa vie.
Le foyer du talent est aussi le berceau;
Là je vois s'essayer le crayon, le pinceau.
Le luth harmonieux, l'industrieuse aiguille.
Ou bien c'est un roman qu'on écoute en famille,
Suis-je seul, je me plais encore au coin du feu.
De nourrir mon brasier mes mains se font un jeu;
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