Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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maximes! quelle [»rnlonde sagesse dans ses discours! quelle présence
d'esprit, quelle finesse et quelle justesse dans ses réponses! quel
empire sur ses passions! Où est Tliomme, où est le sage qui sait
agir, soutVrir et mourir, sans faiblesse et sans ostentation ? Quand
Platon peint son juste imaginaire, couvert de tout l'opprobre du
crime, et digne de tous les prix de la vertu, il peint trait pour
trait jksus-christ; la ressemblance est si frappante, que tous les
Pères t'ont sentie, et qu'il n'est pas possible de s'y tromper.
Quels préjugés, quel aveuglement ne faut-il point avoir pour oser
comparer le fils de Supbronisque au Fils de Marie! Quelle distance
de l'un à l'autre! Socrate, mourant sans douleur, sans ignominie,
soutint aisément jusqu'au bout son personnage; et si cette facile mort
n'eût bonoré sa vie, on doutait si Socrate, avec tout son esprit
fût autre chose qu'un sophiste. 11 inventa , dit-on, la morale; d'autres
avant lui l'avaient mise en pratique; il ne fit que dire ce qu'ils
avaient fait; il ne fit que mettre en leçons leurs exemples. Aristide
avait été juste, avant que Socrate eût dit ce que c'était que justice.
Léonidas était mort pour son pays, avant que Socrate eût fait un
devoir d'aimei la patrie. Sparte était sobre, avant que Socrate
eût loué la sobriété; avant qu'il eût loué la vertu, la Grèce
abondait en hommes vertueux. Mais où jésus avait-il pris chez
les siens celte morale élevée et pure, dont lui seul a donné les
leçons et l'exemple? La mort de Socrate, philosophant tranquil-
lement avec ses amis, est la plus douce qu'on puisse désirer;
celle de jésus, expirant dans les tourments, injurié, raillé, maudit
de tout un peuple, est la plus horrible qu'on puisse craindre.
Socrale, prenant la coupe empoisonnée, bénit celui qui la lui
présente et qui pleure. Jésus, au milieu d'un atfreux supplice,
prie pour ses bourreaux acharnés. Oui, si la vie el la mort de
Socrale sont d'un sage, la vie el la mort de jésus sont d'un Dieu.
UNE NUIT PASSÉE A LA BELLE ETOILE.
»Je me souviens d'avoir passé une nuit délicieuse hors de la
ville, dans un chemin qui côtoyait le Rhône ou la Saône, car je
ne me rappelle pas lequel des deux. Des jardins élevés en ter-
rasses bordaient le chemin du côté oppose. Il avait fait très-chaud
ce jour-là; la soirée était charmante, la rosée humectait l'herbe
flétrie; point de vent, une nuit tranquille; l'air était frais sans