Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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cela que jo vous importune encore. Non, ne me croyez pas assez
iianli; mais voici le fait: Uu grand garçon liien l'ait, aimant les
vfrs, ayant de l'esprit, ne sachant que faire, s'avise de se taire
présenter, je ne sais comment, à Cirry I). il m'entend parler de
vous, de mon ange gardien. »Ho! ho!" dit-il, »s'il vous fait du
bien, il m'en fera donc: écrivez-lui en ma faveur." — iMais,
Monsieur, considérez que j'abuserais____"— »Hé bien! abusez,"
dit-il. »Je voudrais être à lui, s'il va en ambassade; je ne demande
rien; je lui servirai à tout ce qu'il voudra; je suis diligent, je suis
bon garçon, je suis de fatigue. Enfin, donnez-moi une lettre pour
lui." — Moi, qui suis l)on homme, je lui donne la lettre. Dès
qu'il la lient, il se croit trop heureux: »•/(? verrai Mr. â^Argemonr
Et voilà mon grand garçon qui vole à Paris.
J'ai donc. Monsieur, l'honneur de vous en avertir, il se pré-
sentera à vous avec une belle mine et une chétive recommandation.
Pardonnez-moi, je vous en conjure, cette imporlunilé: ce n'est pas
ma faute; je n'ai pu résister au plaisir de me vanter de vos bontés,
et im passant a dit: »J'en retiens ma part."
Pour moi je vivrai pour vous Mre à jamais attaché avec la plus
respectueuse et la plus tendre reconnaissance."
A Ml' N., MINISTRE D'ÉTAT-
»Monseignieur, s'il fallait, en France, pensionnerions les honnnes
de talent, ce serait, je le sais, pour vos finances, une plaie bien
honorable, mais bien désastreuse, et le trésor n'y pourrait suffire;
aussi, et quoique peu d'hommes puissent se rencontrer d'un aussi
solide mérite que M. de Laharpe, ne viens-je pas réclamer une
pension pour ce mérite dans l'indigence; je viens simplement,
Monsieur, empiéter sur vos attributions, et contrôler le chiffre de
deux mille livres, dont Sa Majesté a bien voulu me gratifier. Il
me semble que .M. de Laharpe, n'ayant pas de pension, la mienne
est trop forte de moitié, et qu'on doit la partager entre lui et
moi. Je vous aurai donc, Monsieur, une dernière reconnaissance,
si vous voulez bien sanctionner cet arrangement, et faire expédier
à M. de Laharpe le brevet de .sa pension de mille livres, sans luf
faire savoir que je suis pour quelque chose dans cet événemenL II
1) Village du département de la Meurthe. Voltaire y résida long-
it mp« au château qui appartint h la marquise du Châtelet.