Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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puui' ceux mêmes qui les avaient éclairés. Il y avait très-peu de*
pf;rsonncs en France, du temps du cardinal de Richelieu, capables
de discerner les défauts du Cid ; et quand Athaiie, le chef-d'œuvre
de la scène, fut représentée chez Madame la duchesse de Bour-
gogne, les courtisans se crurent assez habiles pour la condammer.
Le temps a vengé l'auteur, mais ce grand homme est mort, sans
jouir du succès de son plus admirable ouvrage. Un nombreux
fiarti se piqua toujours de ne pas rendre justice à Racine, Madame
de Sévigné, la première personne de son siècle pour conter des
bagatelles avec grâce, croit toujours que Racine n'ira pas loin.
Elle en jugeait comme du café dont elle disait qu'on se désabu-
serait bientôt; mais le café et Racine sont demeurés. Il faut du
temps pour que les réputations mûrissent.
PENSÉES DETACHEES.
On retrouvera dans presque tous mes écrits cette humanité quf
doit être le premier caractère d'un être pensant; on y verra, si
j'ose m'exprimer ainsi, le désir du bonheur des hommes, l'horreur
de l'injustice et de l'oppression; et c'est cela seul qui a jusqu'ici tiré
mes ouvrages de l'obscurité, où leurs défauts devaient les ensevelir.
On prétend qu'on est moins malheureux quand on ne l'est pas
seul; ce n'est pas par malignité, c'est par besoin. On se sent alors
entraîné vers un infortuné, comme vers son semblable- La joie
d'un homme heureux serait une insulte; mais deux malheureux sont
comme deux arbrisseaux faibles, qui, s'appuyant l'un sur l'autre,,
se fortilient contre Torage.
César el Pompée s'appelaient dans le Sénat Cémr et Pompée ,
mais ces gens-là ne savaient pas vivre. Ils finissaient leurs lettres-
par mie, adieu. Nous étions, nous autres, il y a soixante ans,
affectionnés serviteurs; nous sommes devenus depuis très-humbles
et très-obéissants, et actuellement nous avons Vhonneur de Vêtre.
.le plains notre postérité, elle ne pourra que difficilement ajouter à
ces belles formules,
La comparaison des siècles passés avec le nôtre doit nous faire
sentir notre bonheur, malgré ce penchant presque invincible, que
nous avons à louer le passé aux dépens du présent.
,I'ai toujours été étonné de cette facilité malheureuse avec laquelle
les hommes, les plus incapables d'une méchante action, aiment à
imputer les crimes les plus affreux aux hommes d'État, aux hom-