Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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lYffontesquieu, né en 1689, mort en 1755.
Doué d'une haute intelligence, d'une grande droiture de caractère
el d'une application infatigable, cet écrivain marque parmi les
plus distingués de la France. D'abord, sous une forme légère, il
décrivit d'une manière piquante dans les Lettres permîtes les mœurs,
les qualités et surtout les défauts et les ridicules de ses compatriotes.
Son excellent livre sur les Causes de la grandeur et de la décadence
des Romains augmenta sa réputation. Mais son ouvrage le plus
célèbre, et auquel il consacra vingt années de sa vie, c'est \Esprit
des lois. L'auteur y recherche quelles sont les lois qui conviennent
à un pays, suivant son climat, ses mœurs, sa religion et l'état de
sa civilisation. Le style de Montesquieu est clair et précis, mais
il est coupé et manque un peu d'élégance et d'harmonie.
FRAGMENTS DES LETTRES PERSANES,
Nous sommes à Paris depuis un mois, et nous avons toujours
été dans un mouvement continuel. Il faut bien des affaires, avant
qu'on soit logé, qu'on ail trouvé les gens à qui on est adressé,
et qu'on se soit pourvu des choses nécessaires, qui manquent
toutes à la fois.
Paris est aussi grand qu'lspahan; les maisons y sont si hautes
qu'on jugerait qu'elles ne sont habitées que par des astrologues.
Tu juges bien qu'une ville bàlie en l'air, qui a six ou sept maisons
les unes sur les autres, est extrêmement peuplée, et que, quand
tout le monde est descendu dans la rue, il s'y fait un bel em-
barras.
Tu ne le croirais pas peut-être; depuis un mois que je suis ici,
je n'y ai encore vu marcher personne. 11 n'y a point de gens au
monde qui tirent mieux parti de leur machine que les Français;
ils courent, ils volent. Les voilures lentes d'Asie, le pas réglé de
nos chameaux les feraient tomber en syncope. Pour moi, qui ne
suis point fait à ce train, el qui vais souvent à pied, sans changer
d'allure, j'enrage quelquefois; car encore passe qu'on m'éclabousse
depuis les pieds jusqu'à la tête, mais je ne puis pardonner les
coups de coude que je reçois régulièrement et périodiquement. Un
homme, qui vient après moi, el qui me dépasse, me fait faire un
demi-tour, et un autre qui me croise d'un autre côlé, me remet