Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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mais à côté de cette faiblesse quelle finesse d'observation, que!
coup d'œil pénétrant, quel naturel et quel bonheur d'expression
dans ce style négligé el dans ces récils faits comme en courant.
Les Mémoires du duc de Saint-Simon réunissent à un haut degré
l'instruction el l'intérôt.
PORTRAIT DE FÉNELON.
Fénelon vécut encore trois ans après la mort du dauphin, son
disciple. On connaît son bel esprit et la bonté de son caractère.
Quant au physique de ce prélat, c'était un grand homme maigre,
bien fait, avec un grand nez, des yeux dont le feu et l'esprit sor-
taient comme un torrent, et une physionomie telle que je n'en ai
point vu qui y ressemblât, et qui ne se pouvait oublier quand on
ne l'aurait vue qu'une fois. Elle rassemblait tout, et les contraires
ne s'y combattaient pas. Elle avait de la gravité el de la galan-
terie, du sérieux et de la gaîté; elle sentait également le docteur,
l'évôque et le grand seigneur; ce qui y surnageait, ainsi que dans
toute sa personne, c'était la finesse, l'esprit, les grâces, la décence
et surtout la noblesse. Il fallait faire un eifort pour cesser de le
regarder. Tous ses portraits sont pariants, sans toutefois avoir pu
attraper la justesse de l'harmonie qui frappait dans l'original, et la
délicatesse de chaque caractère que ce visage rassemblait.
Les manières y répondaient dans la même proportion, avec une
aisance qui en donnait aux autres, el cet air et ce bon goût qu'on
ne tient que de l'usage de la meilleure compagnie et du grand
monde, qui se trouvait répandu de soi-même dans toutes ses con-
versations ; avec cela il avait une éloquence naturelle, douce, fleurie,
une politesse insinuante, mais noble el proportionnée, une éloculion
facile, nette, agréable, un air de clarté, de netteté pour se faire
entendre dans les matières les plus embarrassées et les plus obscures;
avec cela un homme qui ne voulait jamais avoir plus d'esprit que
ceux à qui il parlait, qui se mettait à la portée de chacun sans
le faire jamais sentir, qui les mettait à l'aise, et qui semblait
enchanter, de façon qu'on ne pouvait le quitter, ni s'en défendre,
ni ne pas chercher à le retrouver.