Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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ïïja ft^oataine, né en 1624, mort en 1695.
Gel écrivain, le premier des fabulistes anciens et modernes, a
été nommé à juste titre » l'inimitable", car il est impossible, en effet,
d'égaler sa grâce naïve et son naturel. Ses fables sont de petits
drames pleins de mouvement et de vie, où chaque personnage
reste fidèle à son caractère. Ce sont des modèles de récit familier.
LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE.
Un mal qui répand la terreur.
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie;
Nul mets n'excitait leur envie;
Ni loups, ni renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie;
Les tourterelles se fuyaient;
Plus d'amour, parlant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit: »Mes chers amis,
Je crois que le ciel a permis
Pour nos péchés celle infortune.
Que le plus coupable de nous
Se sacriûe aux traits du céleste courroux ;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévoûments.
Ne nous flattons donc point; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaienl-ils fait? nulle offense.
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévoùrai donc, s'il le faut; mais je pense