Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Je ne vais point au Louvre adorer la fortune;
Et je serais heureux, si, pour me consumer.
Un destin envieux ne m'avait fait rimer.
Mais depuis le moment que cette frénésie
De ses noires vapeurs touille ma fantaisie,
Et qu'un démon, jaloux de mon contentement,
M'inspira le dessein d'écrire poliment.
Tous les jours, malgré moi, cloué sur un ouvrage.
Retouchant un endroit, effaçant une page,
Enfin, passant ma vie en ce triste métier,
J'envie, en écrivant, le sort de Pelletier. 1)
Bienheureux Scudéri 2), dont la fertile plume
Peut tous les mois sans peine enfanter un volume!
Ses écrits, il est vrai, sans art et languissants.
Semblent être formés en dépit du bon sens;
Mais ils trouvent pourtant, quoi qu'on en puisse dire,
Un marchand pour les vendre, et des sots pour les lire.
Et quand la rime enfin se trouve au bout des vers,
Qu'importe que le reste y soit mis de travers?
Malheureux mille fois, celui dont la manie
Veut aux règles de l'art asservir son génie!
Un sot, en écrivant, fait tout avec plaisir:
Il n'a point en ses vers l'embarras de choisir;
Et toujours amoureux de ce qu'il vient d'écrire,
Ravi d'étonnement, en soi-même il s'admire.
Mais uu esprit sublime en vain veut s'élever
A ce degré parfait qu'il tâche de trouver;
Et, toujours mécontent de ce qu'il vient de faire,
Il plait à tout le monde, et ne saurait se plaire;
Et tel, dont en tous lieux chacun vante l'esprit.
Voudrait pour son repos n'avoir jamais écrit.
Toit donc, qui vois les maux où ma muse s'abîme,
De grâce, enseigne-moi l'art de trouver la rime:
Ou, puisque enfin tes soins y seraient superflus,
Molière, enseigne-moi l'art de ne rimer plus.
U Poète du dernier ordre, qui faisait touf les jours un sonnet,
2) Auteur d'un grand nombre de romans.