Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
199
molière 1).
Une scène du Misanthrope.
Fhilinte. Qu'est-ce donc? qu'avez-vous?
Alceste. Laissez-moi, je vous prie.
Fkil, Mais encor, dites-moi, quelle bizarrerie?...
Aie. Laissez-moi là, vous dis-je, et courez vous cacher.
Phil. Mais on entend les gens, au moins, sans se fâcher.
Aie. Moi, je veux me fâcher, et ne veux point entendre.
Phil. Dans vos brusques chagrins je ne puis vous comprendre;
Et quoique amis, enfin, je suis tout des premiers,.:.
Aie. Moi, votre ami? Rayez cela de vos papiers;
j'ai fait jusques ici profession de l'être;
Mais après ce qu'en vous je viens de voir paraître.
Je vous déclare net que je ne le suis plus,
Et ne veux nulle place en des cœurs corrompus.
Phil. Je suis donc bien coupable, Alceste, à voire compte?
Aie. Allez, vous devriez mourir de pure honte;
Une telle action ne saurait s'excuser,
Et tout homme d'honneur s'en doit scandaliser.
Je vous vois accabler un homme de caresses,
Et témoigner pour lui les dernières tendresses;
De protestations, d'olfres et de serments
Vous chargez la fureur de vos embrassements;
Et quand je vous demande, après, quel est cet homme?
A peine pouvez-vous dire comme il se nomme;
Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant,
Et vous me le traitez, à moi, d'indifférent!
Morbleu! c'est une chose indigne, lâche, infâme,
De s'abaisser ainsi jusqu'à trahir son âme;
El si, par un malheur, j'en avais fait autant,
Je m'irais, de regret, pendre tout à l'instant.
Phil. Je ne vois pas, pour moi, que le cas soit pendable^
Et je vous supplîrai d'avoir pour agréable
Que je me fasse un peu grâce sur votre arrêt,
Et ne me pende pas pour cela, s'il vous plaît.
1) Voyeï âur Molière la notice pag. 171.