Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Négliger pour lut piyire et femme, et biens, et rang,
Exposer pour sa gloire, et verser tout son sang.
Hélas! qu'avez-vous fait de cette amour parfaite
Que vous me souhaitiez, et que je vous souhaite?
S'il vous en reste encor, n'ôtes-vous point jaloux
Qu'à grand'peine chrétien j'en montre plus que vous?
Néa. Vous sortez du baptême, et ce qui vous anime
C'est sa grâce qu'en vous n'affaiblit aucun crime;
Mais dieu, dont on ne doit jamais se défier,
Me donne votre exemple à me fortifier.
Allons, cher Polyeucte, allons aux yeux des hommes
Braver l'idolfitrie, et montrer qui nous sommes;
Puissé-je vous donner l'exemple de soufirir.
Comme vous me donnez celui de vous otfrir!
Pol. A cet heureux transport que le Ciel vous envoie,
Je reconnais Néarque, et j'en pleure de joie.
Ne perdons plus de temps, le sacrifice est prêt,
Allons y dn vrai nieu soutenir l'intérêt;
Allons fouler aux pieds ce foudre ridicule
Dont arme un bois pourri ce peuple trop crédule:
Allons en éclairer l'aveuglement fatal;
Allons briser ces dieux de pierre el de métal :
Abandonnons nos jours à cette ardeur céleste.
Faisons triompher dieu, qu'il dispose du reste!
Racine, né en 1639, mort en 1699.
D'après l'opinion générale des hommes de goût en France,
Racine est l'écrivain le plus pur el le premier tragique de la scène
française. Il est moins sublime, mais plus vrai et plus naturel
que Corneille, moins brillant, mais plus nuancé et plus profond
que Voltaire. Il esl à regretter qu'il sacrifie trop souvent la cou-
leur historique el locale, et que dans les peuples étrangers il ne
nous montre guère que des Français; mais il décrit les passions
humaines et surtout les faiblesses du cœur avec une admirable
vérité de pinceau. Ses chefs-d'oenvre tragiques sont Jndromaque,
Briiannicus, Iphigénie, Phèdre, Esther (^X Âthalie. Sa comédie
>les Plaideurs" est écrite avec beaucoup de vme comique et d'esprit.
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