Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Où déjà sa bonté, prêle à rae couronner,
Daigne éprouver la foi qu'il vient de me donner.
Néa. Ce zèle est trop ardent, souffrez qu'il se modère.
Pol, On n'en peut avoir trop pour le dieu qu'on révère ^
Néa. Vous trouverez la mort.
Pol. Je la cherche pour lui.
Néa, Et si ce cœur s'ébranle?
Pol. Il sera mon appui.
Néa. Il ne commande point que l'on s'y précipite.
Pal, Plus elle est volontaire, el plus elle mérite.
Néa. Il suffit, sans chercher, d'attendre et de souffrir,
Pol. On souffre avec regret, quand on n'ose s'offrir.
Néa. Mais dans ce temple enfin la mort est assurée.
Pol. Mais dans le Ciel déjà la palme est préparée.
Néa. Par une sainte vie il faut la mériter.
Pol. Mes crimes en vivant me la pourraient ôter.
Pourquoi mettre au hasard ce que la mort assure?
Quand elle ouvre le Ciel peut-elle sembler dure?
Je suis chrétien, Néarque, et le suis tout à fait,
La foi que j'ai reçue aspire à son effet,
Qui fuit croit lâchement, et n'a qu'une foi morte.
Néa. Ménagez votre vie, à dieu même elle importe^
Vivez pour protéger les chrétiens en ces lieux.
Pol. L'exemple de ma mort les fortifiera mieux.
Néa. Vous voulez donc mourir!
Pol. Vous aimez donc à vivre!
Néa. Je ne puis déguiser que j'ai peine à vous suivre,
Sous l'horreur des tourments je crains de succomber.
Pol, Qui marche assurément n'a point peur de tomber.
Dieu fait part au besoin de sa force infinie.
Qui craint de le nier dans son àme le nie,
Il croit le pouvoir faire, el doute de sa foi.
Néa, Qui n'appréhende rien présume trop de soi.
PoL J'attends tout de sa grâce, et rien de ma faiblesse;.
Mais loin de me presser, il faut que je vous presse.
D'où vient cette froideur?
Néa. Dieu même a craint la mort.
Pol, 11 s'est offert pourtant, suivons ce saint effort
Dressons-lui des autels sur des monceaux d'idoles.
Jl faut, je me souviens encor de vos paroles