Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Pien plus, ce même jour je te donne Emilie,
Le digne objet des vœux de toute l'Italie,
Et qu'ont mise si haut mon amour et mes soins.
Qu'en te couronnant roi, je t'aurais donné moins.
Tu t'en souviens, Cinna, tant d'heur et tant de gloire
Ne peuvent pas si tôt sortir de ta mémoire;
Mais ce qu'on ne pourrait jamais s'imaginer,
Cinna, tu t'en souviens, et veux m'assassiner.
Cinna. Moi, Seigneur, moi que j'eusse une âme si traîtresse,
Qu'un si lâche dessein ....
Auguste, Tu tiens mal ta promesse,
Sieds-toi, je n'ai pas dit encor ce que je veux,
Tu te justifieras après, si tu le peux;
Écoute cependant, et tiens mieux ta parole.
Tu veux m'assassiner, demain, au capitole.
Pendant le sacrifice, et ta main pour signal
Me doit, au lieu d'encens, donner le coup fatal:
La moitié de tes gens doit occuper la porte,
L'autre moitié te suivre et te prêter main forte.
Ai-je de bons avis ou de mauvais soupçons,
De tous ces meurtriers te dirai-je les noms?
Un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes.
Que pressent de mes lois les ordres légitimes,
Et qui désespérant de les plus éviter.
Si tout n'est renversé, ne sauraient subsister.
Tu te tais maintenant, et gardes le silence
Plus par confusion que par obéissance.
Quel était ton dessein et que prétendais-tu
Après m'avoir au temple à tes pieds abaltu?
Apprends à te connaître et descends en toi-même,
On t'honore dans Rome, on te courtise, on t'aime,
Chacun tremble sous toi, chacun t'olfre des vœux.
Ta fortune est bien haut, tu peux ce que lu veux^
Mais tu ferais pitié, même à ceux qu'elle irrite.
Si je t'abandonnais à ton peu de mérite.
Ose me démentir, dis-moi ce que tu vaux,
Conte-moi tes vertus, les glorieux travaux.
Les rares qualités par où tu m'as dû plaire,
Et tout ce qui l'élève au-dessus du vulgaire.