Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
190
A ton emotion fait quelque violence,
Tu pourras me répondre après tout à loisir,
Sur ce point seulement contente mon désir.
Cinna. Je vous obéirai, Seigneur.
Auguste. Qu'il te souvienne
De garder ta parole, et je tiendrai la mienne.
Tu vois le jour, Cinna, mais ceux dont tu le tiens
Furent les ennemis de mon père et les miens,
Au milieu de leur camp tu reçus la naissance,
Et lorsque après leur mort tu vins en ma puissance.
Leur haine enracinée au milieu de ton sein,
T'avait mis contre moi les armes à la main.
Tu fus mon ennemi même avant que de naître,
Et lu le fus encor quand lu pus me connaître.
Et l'inclination n'a jamais démenti
Ce sang qui t'avait fait du contraire parti.
Autant que lu Tas pu, les effets l'ont suivie,
Je ne m'en suis vengé qu'en te donnant la vie,
Je te fis prisonnier pour te combler de biens,
Ma cour fut ta prison, mes faveurs tes liens;
Je te restituai d'abord ton patrimoine,
Je t'enrichis après des dépouilles d'Antoine,
Et tu sais que depuis à chaque occasion
Je suis tombé pour toi dans la profusion.
Toutes les dignités que tu m'as demandées,
Je le les ai sur l'heure et sans peine accordées.
Je l'ai préféré même à ceux dont les parents
Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs,
A ceux qui de leur sang m'ont acheté l'empire,
Et qui m'ont conservé le jour que je respire ;
De la façon enfin qu'avec toi j'ai vécu,
Les vainqueurs sont jaloux du bonheur du vaincu.
Quand le ciel me voulut, en rappelant Mécène,
Après tant de faveurs montrer un peu de haine.
Je te donnai sa place en ce triste accident.
Et te fis après lui mon plus cher confident.
Aujourd'hui même encor mon âme irrésolue
Me pressant de quitter ma puissance absolue.
De Maxime el de loi j'ai pris les seuls avis,
Et ce sont, malgré lui, les tiens que j'ai suivis.