Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Chaulnes et la compagnie que j'y ai vue, me reviennent souvent
au cœur. Je dirais: //Heureux qui passe sa vie avec de telles per-
sonnes !" s'il ne valait mieux dire: »Heureux qui demeure là où
il se trouve content du pain quotidien, avec toutes les croix quoti-
diennes!'' Je suis même persuadé que la croix quotidienne est le
principal pain quotidien. Je me trouve bien plus près de vous,
quand j'en suis loin, avec une intime union de cœur à dieu, qui
m'en rapproche, que si j'étais jour et nuit auprès de vous avec
l'amour-propre, qui porte partout la division et l'éloiiïnement des
cœurs. Bon soir, mon cher duc."
ïïjo. Bruyère, né en 1639 mort en 1696.
Observateur profond des mœurs et des hommes de son temps, il
les peint dans son livre des Caractères avec une vérité frappante
et une grande finesse de pinceau. Il joint à ce mérite l'élégance
du style et une grande pureté de langage, sans aucune recherche
ni all'ectation.
Que dites-vous? Comment? Je n'y suis pas. Vous plairait-il de
recommencer? J'y suis encore moins. Ah! je devine enfin ! Vous
voulez, Âcis, me dire qu'il fait froid. Que ne me disiez-vous; il
fait froid. Vous voulez m'apprendre qu'il pleut ou qu'il neige?
Eh bien! dites: il pleut, il neige. Vous me trouvez bon visage 1)
et vous voulez m'en féliciter, dites: je vous trouve bon visage.
//Mais," répondez-vouz, //cela est bien uni et bien clair, et d'ail-
leurs qui ne pourrait en dire autant!" Qu'importe, Acis? Est-ce
un si grand mal d'être entendu en parlant et de parler comme tout
le monde? Une chose vous manque, Acis, à vous et à vos sem-
blables. Vous ne vous en doutez pas et je vais vous jeter dans
l'étonnement; une chose vous manque, c'est l'esprit: ce n'est pas
tout; il y a en vous une chose de trop, c'est l'opinion que vous
en avez plus que les autres: voilà la source de votre pompeux
galimathias, de vos phrases embrouillées et de vos grandes paroles,
qui ne signifient rien.
1) Mieux: bonnâ mine*