Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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maim tomberont au peuple de douleur et d'étonnement. Mais les
princes et le peuple gémissaient en vain; en vain Monsieur, en
vain le roi même tenaient Madame serrée par de si étroits embras-
sements; alors ils pouvaient dire ces paroles de Saint-Ambroise : Je
serrais les bras, mais f avais déjà'perdu ce que je tenais, La prin-
cesse leur échappait parmi ces embrassements si tendres, et la mort,
plus puissante, l'enlevait d'entre ces mains royales. Quoi donc,
elle devait périr sitôt! Dans la plupart des hommes, les change-
ments se font peu à peu, et la mort prépare ordinairement à son
dernier coup; Madame cependant a passé du matin au soir, ainsi
que l'herbe des champs. Le matin elle fleurissait, avec quelle
grâce, vous le savez! le soir, nous la vîmes séchée, et les fortes
expressions par lesquelles TEcriture-Sainte exagère Tinconstance des
choses humaines, devaient être, pour cette princesse, si précises et
si littérales....................
Au lieu de Thistoire d'une belle vie, nous sommes réduits â
faire l'histoire d'une admirable, mais triste mort. A la vérité rien
n'a jamais égalé la fermeté de son âme, ni le courage paisible,
qui, sans faire effort pour s'élever, s'est trouvé, par sa naturelle
situation, au-dessus des accidents les plus redoutables. Oui, Madame
fut douce envers la mort, comme elle l'était envers tout le monde;
son grand cœur ne s'aigrit ni ne s'emporta contre elle. Elle ne
la brava pas non plus avec fierté, contente de l'envisager sans
émotion et de la recevoir sans trouble : triste consolation ! puisque
malgré son grand courage nous l'avons perdue î
F<énelon, né en 1651, mort en 17i5.
Il est peu d'écrivains qui aient fait plus d'honneur à la France
que l'auteur du Télémaque par la réunion du talent et des plus
nobles qualités du cœur. Il promit de bonne heure ce qu'il serait
un jour. Consacré à l'Église, il composa nombre d'écrits religieux :
t Traité de V existence de Dieu, Lettres spirituelles, etc., remar-
quables par la pureté de la morale évaogélique et par la tolérance quMls
respirent. Nommé précepteur du petit-fils de Louis XIV, il exerça
sur ce jeune prince l'influence la plus salutaire. C'est pour lui
qu'il composa son Télémaque, ce bel ouvrage si connu, dans lequel
il donne à son élève des conseils et des leçons sur l'art de régner,
Louis XIV, croyant y lire des allusions malignes à son gouver-