Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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loi est portée, il faut avancer toujours. Je voudrais retourner ea
arrière: Marche I marche! Un poids invincible, une force irrésistible
iious entraîne; il faut sans cesse avancer vers !e précipice. Mille
traverses, mille peines nous fatiguent et nous inquiètent dans la
route. Encore si je pouvais éviter ce précipice aftreux! Non, non,
il faut marcher, il faut courir: telle est la rapidité des années. On
se console pourtant, parce que de temps en temps on rencontre des
objets qui nous divertissent, des eaux courantes, des Heurs qui
passent. On voudrait s'arrêter: Marche! marche! Et cependant ou
voit tomber derrière soi tout ce qu'on avait passé; fracas elfrnyable !
inévitable ruine! On se console parce qu'on emporte quelques
fleurs cueillies en passant, qu'on voit se faner entre ses mains du
matin au soir, et quelques Iruits, qu'on perd en les goûtant. En-
chantement! illusion! déjà tout commence à s'elfacer, les jardins
moins fleuris, les fleurs moins brillantes, leurs couleurs moins vives,
les prairies moins riantes, les eaux moins claires: tout se ternit,
tout s'efface. L'ombre de la mort se présente; on commence à
sentir l'approche du gouffre fatal. Mais il faut aller sur le bord.
Encore un pas; déjà l'horreur trouble les sens, la tète tourne, les
yeux s'égarent. Il faut marcher; on voudrait retourner en arrière ;
plus de moyens; tout est tombé, tout est évanoui, tout est
échappé !
LA MORT DE MADAME LA DUCHESSE D'ORLEANS 1).
0 nuit désastreuse! nuit effroyable' où retentit tout à coup
comme un éclat de tonnerre, cette épouvantable nouvelle: »Madame
se meurt!.... Madame est morte!____" Qui de nous ne se sentit
frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé
notre famille! Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourt à
Saint-Cloud de toutes parts; on trouve tout consterné, excepté le
cœur de cette princesse. Partout on entend des cris, partout on
voit la douleur, le désespoir et l'image de la mort: le roi, la reine,
Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est
consterné, et il me semble que je vois l'accomplisssement de celle
parole du prophète: Le roi pleurera, le prince sera désolé et les
1) Belle-sœur de Louis XIV.