Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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égal aux hêles, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dan-
gereux de lui faire trop voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est
encore plus dangereux de lui laisser ignorer l'un et l'autre; mais
il est très-avantageux de lui représenter l'un et Tautre.
11 y a du plaisir à être dans un vaisseau battu de l'orage,
quand on est sûr qu'il ne périra pas. Les persécutions qui tra-
vaillent l'Eglise sont de cette nature.
Diseur de bons mots, mauvais caractère.
Le dernier acte est toujours sanglant, quelque belle que soit la
comédie dans tout le reste. On jette enfin un peu de terre sur la
tête, et en voilà pour jamais.
On se corrige quelquefois mieux par la vue du mal que par
l'exemple du bien; et il est bon de s'accoutumer à profiter du mal,
puisqu'il est si ordinaire, tandis que le bien est si rare.
La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme, qu'un goujat^
un marmiton, un crocheteur veut avoir ses admirateurs; et les
philosophes mêmes en veulent. Ceux qui écrivent contre la gloire
veulent avoir la gloire d'avoir bien écrit, et ceux qui le lisent
veulent avoir la gloire de l'avoir lu; et moi, qui écris ceci, j'ai
peut-être cette envie, et peut-être que ceux qui le liront l'au-
ront aussi.
Dos»titet, né eu 1627, mort en 1704.
C'est l'écrivain le plus éloquent du règne de Louis XIV. Précep-
teur du Dauphin, il écrivit pour son élève le Discours sur Vhistoire
universelle, imposant résumé, où il montre l'intervention divine dans
les révolutions des empires et dans les destinées de l'humanité. Il
est à regretter que son récit s'arrête déjà à Charlemagne. Ses Orai-
sons funèbres, entre autres celles du prince de Condé, de la reine
d'Angleterre, et de la duchesse d'Orléans, le mettent au premier
rang des orateurs de la chaire. Nulle part la grandeur de la divi-
nité et le néant des choses humaines n'apparaît sous une forme plus
imposante et plus sublime. Ajoutons cependant que le genre de ces
compositions entraîne souvent l'auteur â sacrifier la vérité à l'élogne.
LA VIE HUMAINE.'
La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est uh
précipice affreux. On nous en avertit dès le premier pas; mais la