Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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ÂU COMTE DE BaSSY.
»J'apprends, mon cher cousin, que ma nièce ne se porte pas trop
bien ; c'est qu'on ne peut pas être heureux dans ce monde; ce sont
des compensations de la Providence, afin que tout soit égal, ou
qu'au moins les plus heureux puissent comprendre, par un peu de
chagrin et de douleur, ce que soufïrent les autres qui en sont
accablés. Le P. Bourdaloue nous fit l'autre jour un sermon contre
la prudence humaine, qui fit bien voir combien elle est soumise à
l'ordre de la Providence, et qu'il n'y a que celle du salut, que dieu
nous donne lui-même, qui soit estimable. Cela console et fait
qu'on se soumet plus doucement à sa mauvaise fortune. La vie
est courte; c'est bientôt fait: le fleuve qui nous entraîne est si
rapide, qu'à peine pouvons-nous y paraître. Voilà des moralités
de la semaine sainte."
]ffmc lie naiiiteiiou, née en 1635, mort en 1719.
Sans avoir le talent de Mme de Sévigné, Mme de Maintenon écrit
avec une clarté et une correction remarquables. Ses lettres, où se
lit la réserve que lui imposait la hauteur de sa position sont des
modèles de raison, de convenance et de bon goût.
A Mme DE CHANTELOUP.
»Me voilà. Madame, bien éloignée de la grandeur prédite ! Je
me soumets à la Providence: et que gagnerais-je à murmurer contre
dieu? Mes amis m'ont conseillé de m'adresser à Mr. de N., comme
s'ils avaient oublié les raisons que j'ai de n'en rien espérer. Irai-je
le regagner pas mes soumissions, et briguer l'honneur d'être à ses
gages? On m'a envoyée à Mr. Colbert, mais sans fruit. J'ai fait
présenter deux placets au roi, où l'abbé Testu a mis toute son
éloquence; ils n'ont pas seulement été lus. Oh! si j'étais dans la
faveur, que je traiterais difi"éremment les malheureux! Qu'on doit
peu compter sur les hommes! Quand je n'avais besoin de rien,
j'aurais obtenu un évêché; quand j'ai besoin de tout, tout m'est
refusé. Madame de Chalais m'a olTert sa protection, mais du bout
des lèvres; Madame de Lyonne m'a d'il. Je verrai, Je parlerai, du
ton dont on dit le contraire. Tout le monde m'a ofièrt des ser-