Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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M. Robert^ d'un ton grave. Rassure-toi, . .. , nous n'étions
coupables. . . que d'un moment d'erreur. . .
Michd. Coupables! . .
M. Robert. Quand je dis 7ious.. . je veux dire l'accusé, ce-
lui dont j'ai embrassé la défense, le jeune infortuné pour qui
j'ai plaidé.
Michel, Plaidé!., vous avez plaidé à la Cour d'assises?
M. Robert. Oui, iMicbel, oui... J'ai rempli ce matin les no-
bles, les graves, les importantes fonctions d'avocat!.. Je n'étais
pas plus fort que toi sur le Code, mais l'éloquence du cœur!,.
Je n'avais pas de robe noire, mais j'avais mon petit manteau
bleu -, . . le manteau que voilà . .. auquel je tiens à présent plus
que jamais! . . — Un jeune bomme était sur le banc des accusée,
li venait de faire, en pleurant, l'aveu de sa faute. Il avait perdu
au jeu l'argent que lui avait confié le négociant chez lequel il
travaillait. L'imprudent!.. Je l'avais vu à la Force 1), il
m'avait raconté sans détour toutes les circonstances qui l'avaient
entraîné à cette action; je m'étais interessi à son sort. . . — Té-
moiri ot défi^nseur tout à la (ois, je pénètre dans l'oncuinte...—
malgré les gendarmes. — J'arrive aux pieds de la Cour, j'y dépose
de la sincérité des remords auxquels j'ai vu ce malheureux jeune
homme en proie. — Au fur et à mesure que je parle, je m'anime...
pas de uracdes phrases, mais des mots qui partent de là (mon-
trant son cœur)... Je m'écrie enûn:
»Oui, M-^ssieurs les jurés, croyez-moi, ce jeune homme n'est
pas corrompu : adoucissez aulanl que vous le pourrez la peine qui
le menace; qu'il puisse, en expiant sa faute, conserver l'espoii-
de rentrer un joiw dans la société. Au nom de Thutnatiité! .. »(oh!
j'étais superbe dans ce moment-làI ..) »Au nom de l'humanité,
leur dis-je, rejetez celle maxime désolante: Q'iune chute toujonn
entraîne une autre chute. J'ai étudié ce jeune homme, il n'est
pas perdu, je vous en réponds ... Ne soyez pas insensibles à la
prière du petit manteau bleu!...» — Oh! les larmes m'ont em-
pêché d'aller plus loin; mon émotion s'est communiquée aux jui;es,
aux jurés, au greflier, aux huissiers, à Tauditotre . . . à tout le
monde! J'ai vu trois gendarmes pleurer !.. et j'ai sauvé mon jeune
client de la peine... terrible., qu'il pouvait encourir, et je suis
sorti en remerciant le Ciel!.. — Mfts ta main là, Michel, et
sens comme mon cœur bat encore de bonheur et de joie! (Voyant
1» Prison à Paris.