Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Si nous n'avions point tror^noit, nous ne nous plaindrions pas
tant de celni des autres.
On ne devrait s'étonner que de pouvoir encore s'étonner.
Les personnes faibles ne peuvent être sincères.
:noliere, né en 1022, mort en 1673.
Ce grand observateur du cœur humain est sans contredit le premier
poète comique de la France, et peut-être du monde entier. D'abord
chef d'une troupe de comédiens ambulants, il composa pour elle
des pièces qu'il ne jugea pas dignes de la publication. Etabli à Paris,
il se fit bientôt une reputation méritée. Outre un grand nombre de
pièces étincelantf'S de verve el d'esprit, on cite comme ses meilleu-
res comédies de caractère les Femmes sarardes, ï Avare, et surtout
le Tartvffe el le Misanthrope. »De tous ceux qui ont jamais écrit",
dit Laharpe, »c'est Molière qui a le mieux étudié l'homme, sans
annoncer qu'il l'observait. Il n'est jamais fin, il est profond, c'est
à dire que lorsqu'il a donné son coup de pinceau, il est impossible
d'aller au delà; il n'a pas peint des ridicules qui passent, mais
l'homme qui ne passe point. On lui a reproché de négliger trop
sa langue, el l'on a eu raison. Il eut sans doute épuré son style,
s'il eût eu plus de loisir, el si sa laborieuse carrière n'eût été
bornée à cinquante-trois ans."
MONOLOGUE DE L'AVARE.
Harpagon, qui a découvert qu'on lui a dérobé son argent
crie: „au voleur!" dans le jardin.
Au voleur! au voleur! à l'assassin! au meurtrier! justice, juste
ciel ! je suis perdu, je suis assassiné ; on m'a coupé la gorge ; on m'a
dérobé mon argent ; qui peut-ce être? qu'est-il devenu? où est-il? où
se cache-t-il? que ferai-je pour le trouver? où courir? où ne pas
courir? n'esl-il point là"? n'esl-il point ici? qu'est-ce? arrête. {A lui-
même, en se prenant par le bras). Rends-moi mon argent, coquin...
Ah! c'est moi... Mon esprit est troublé, el j'ignore où je suis,
qui je suis, et ce que je fais. Hélas! mon pauvre argent, mon
cher ami, on m'a privé de toi, el, puisque tu m'es enlevé, j'ai
perdu mon support, ma consolation, ma joie; tout est fini pour
jnoi, et je n'ai plus que faire au monde! Sans toi il m'est impos-