Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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l^a Rocliefoucauld, né en 1613, mort en 1680.
Ses Maximes ou Réflexions sont un recueil de remarques fines
■et spirituelles, mais trop souvent paradoxales, car elles présentent
Tamour-propre comme le mobile presque exclusif de toutes les actions
humaines. Son livre, dit Voltaire, est un de ceux qui contribuèrent
le plus à former le goût de la nation et à donner au style français
de la justesse et de la précision.
PENSÉES.
Quelques découvertes qu'on ait faites dans le pays de l'amour-
propre, il y reste bien des terres inconnues.
11 faut de plus grandes vertus pour supporter la bonne fortune
que la mauvaise.
Le silence est le parti le plus sûr pour celui qui se défie de
lui-même.
Il est plus honteux de se méfier de ses amis que d'en être
trompé.
Chacun dit du bien de son coeur, mais personne n'ose en dire
de son esprit.
On ne donne rien aussi libéralement que des conseils.
La bienséance est la moindre de toutes les lois et la plus suivie.
On aime mieux dire du mal de soi-même, que de n'en point
parler.
Nous nous vantons souvent de ne pas nous ennuyer dans la re-
traite, et nous sommes si glorieux que nous ne voulons pas nous
trouver de mauvaise compagnie.
Il y a des reproches qui louent, et des louanges qui médisent.
La jalousie est un des plus grands maux, et c'est celui qui
fait le moins de pitié aux personnes qui le causent.
Notre orgueil s'augmente bien souvent de ce que nous retranchons
de nos autres défauts.
Il faut demeurer d'accord, à l'honneur de la vertu, que les plus
grands malheurs des hommes sont ceux où ils tombent par leurs
crimes.
La confiance fournit plus à la conversation que l'esprit.
Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux qui sont
notre avis.