Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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LES FLEAUX DE DIEU-
C'est le moyen de faire souvent injustice, que de juger toujour
du mérite des conseils par la bonne fortune des événements. Ne
nous laissons par éblouir à l'éclat des choses qui réussissent: ce que
les Grecs, ce que les Romains, ce que nous-mômes avons appelé
une prudence admirable, c'est une heureuse témérité.
Il y a eu des hommes dont la vie a été pleine de miracles,
quoiqu'ils ne fussent pas saints, et qu'ils n'eussent pas dessein
de l'être: le ciel bénissait toutes leurs fautes, le ciel couronnait
toutes leurs folies-
11 devait périr, cet homme fatal, il devait périr, dès le premier
jour de sa conduite, par une telle entreprise; mais dieu voulut
se servir de lui pour punir le genre humain et tourmenter le monde:
la justice de dieu voulait se venger, et avait choisi cet homme
pour être le ministre de ses vengeances.
La raison concluait qu'il tombât d'abord par les maximes qu'il a
tenues; mais il est demeuré longtemps debout, par une raison plus
*haute qui l'a soutenu. Il a été affermi dans son pouvoir par une
force étrangère, et qui n'était pas de lui, par une force qui appuie
la faiblesse, qui arrête les chutes de ceux qui se précipitent, qui
n'a que faire des bonnes maximes pour conduire les bons succès.
Gel homme a duré pour travailler au dessein de la Providence. Il
pensait exercer sa passion, et il exécutait les arrêts du ciel. Avant
de se perdre, il a eu le loisir de perdre les peuples et les Étals, de
mettre le feu aux quatre coins de la terre, de gâter le présent et
l'avenir par les maux qu'il a faits, par les exemples qu'il a laissés.
Quand la Providence a quelque dessein, il ne lui importe guère
de quels instruments et de quels moyens elle se serve. Entre ses
mains, tout est foudre, tout est tempête, tout est déluge, tout
est Alexandre ou César.
Dieu dit lui-même de ces gens-là, qu'il les envoie en sa colère, et
qu''ils sont les verges de sa fureur. Mais ne prenez pas ici l'un pour
l'autre: les verges ne frappent ni ne blessent toutes seules ; c'est
l'envie, c'est la fureur qui rendent les verges terribles et redoutables.
Cette main invisible donne les coups que le monde sent; il y a
bien je ne sais quelle *hardiesse qui menace de la part de l'homme,
mais la force qui accable est toute de dieu-