Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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fussent désabusés. Bientôt après sa mort, Malherbe d'abord, et ensuite
Boileau, ouvrirent les yeux aux Français sur le ridicule et l'impos-
sibilité de transformer théoriquement la langue d'un peuple, c'est à
dire la chose qui constitue essentiellement sa nationalité, Ronsard
était loin d'ailleurs d'être sans mérite; plusieurs de ses poésies sont
pleines de grâce el de naturel, et quelques-unes révèlent même une
*haute inspiration. De nos jours plusieurs critiques, et entre autres
Ste.-Beuve, ont cherché, et quelque peu réussi, à réhabiliter Ronsard.
Avant de passer en revue les classiques français, il convient de
dire quelques mots de l'hôtel de Rambouillet, rendez-vous d'une coterie
d'écrivains, et surtout de beaux-esprits féminins, appelés »Précieuses",
dont l'apparition, dans la première moitié du i7e siècle, fait époque
dans l'histoire delà littérature française. La subtilité raffinée, l'affection
ridicule, qui distinguaient le langage de ses membres, ont excité
avec raison la verve de Molière, qui les railla sans pitié dans sa
comédie des »Précieuses". Mais il ne ruina que leurs abus. Elles
respectaient le fond de la langue imprudemment compromis par Ron-
sard et son école, et contribuèrent à détruire la licence et la gros-
sièreté du langage, vieux restes du gaulois du moyen âge. Mal-
herbe lui-même ne dédaignait pas d'assister à leurs réunions et, sans
pouvoir réprimer tous les écarts des Précieuses, il exerça du moins
sur elles une influence salutaire.
DIX-SEPTIEME SIECLE.
prose.
Balsac, né en 1588, mort en 1654.
11 fit pour la prose française ce que Malherbe venait de faire
pour les vers; il lui donna la noblesse et l'harmonie dont elle avait
été privée jusqu'alors. Mais son mérite est presque toujours extérieur;
il est pauvre d'idées et sacrifie le fond à la forme. Néanmoins, quand
parfois une grande et féconde pensée vient à l'inspirer, il est réelle-
ment beau, comme le prouve le morceau suivant.