Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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mais cet héritage semble se trouver plutôt dans l'esprit du français que
dans son vocabulaire. D'après les savantes recherches d'un linguiste
moderne, on n'y compte guère qu'environ 300 mots que l'on puisse
décidément rapporter à l'idiome celtique. En revanche, la pronon-
ciation française témoigne de cette descendance ; tous les sons simples
du français, entre autres l'e muet, se retrouvent dans le dialecte des
Bretons. L'emploi de l'article et l'absence des déclinaisons sont
également communs aux deux langues.
On comprend que le laiin, transplanté en (îaule, dut bientôt perdre
sa pureté par sou mélange avec l'idiome du peuple vaincu. Comme
un instrument compliqué et délicat, manié par des mains grossières,
le latin se corrompit en se répandant dans la Gaule, chez une nation
encore mal civilisée. Cultivé avec plus de soin dans les villes, où il
offrait les moyens de |)arvenir aux emplois, il était négligé dans les
campagnes, et formait un mélange informe avec la langue nationale,
que toute la puissance des Romains ne pouvait entièrement déra-
ciner du sol.
Dans le cinquième siècle une nouvelle fusion de langages eut lieu
lors de l'invasion des Francs en Gaule et de leur établissement dans
le pays. La langue des vainqueurs ne fut pas sans influence sur
celle du peuple vaincu. Mais parlée par un peuple encore rude et
grossier, le tudesque ne pouvait ainsi que le latin se naturaliser en
Gaule. Néanmoins il a laissé dans le français des vestiges évidents
de son passage. On évalue à près d'un millier les mots d'origine
germanique en usage dans la langue française. Quelques-uns à la vérité
trahissent encore à peine la source d'où ils proviennent. Un assez
grand nombre d'autres sont maintenant *hors d'usage, et en général
le passage de l'élément germanique semble n'avoir modifié que fai-
blement le caractère de l'idiome que nous parlons aujourd'hui. Les
efforts même de Charlemagne , qui cultiva la langue des Francs avec
tant de soin, et qui commença même à en écrire la grammaire,
furent impuissants à la propager dans le pays conquis, quoique le
nom même de la langue française soit emprunté à celle des conqué-
rants. Les bouleversements politiques, qui se succédèrent sous ses
faibles descendants, n'étaient pas faits pour obtenir plus de succès
à cet égard; l'allemand disparaît même du sol gaulois avant les rois
de race germanique. Au commencement du neuvième siècle le clergé
prêchait encore en tudesque aussi bien qu'en latin et en langue
romane vulgaire, latin corrompu en usage chez le peuple. En 842
au contraire, quand les fils de Louis le Débonnaire se jurent amitié