Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Calme parmi les tlots d'un nombreux auditoire,
ÏI s'avance, escorté de soixante ans de gloire.
On l'interroge: alors levant avec fierté
Uu front où luit déjà son immortalité:
»Entre mes fils et moi que l'équité prononce;
Sages Athéniens, écoutez ma réponse."
Il dit et fait entendre à ses juges surpris
Le dernier, le plus beau de ses nobles écrits:
Il lit Œdipe! il lit, et sa froide vieillesse
Se réchauffe un instant des feux de la jeunesse.
Ces longs cheveux blanchis, celte imposante voix,
Ce front qu'un peuple ému couronna tant de fois,
Portent dans tous les cœurs une terreur sacrée ;
Le Juge est attendri, la foule est enivrée;
Ses fils même, ses fils tombent à ses genoux... .
Les pleurs ont prononcé, le grand homme est absous.
Millevoyc.
LA MORT DES TEMPLIERS.
Un immense bûcher, dressé pour leur supplice.
S'élève en échafaud, et chaque chevalier
Croit mériter l'honneur d'y monter le premier;
Mais le grand-Maître arrive; il monte, il les devance.
Son front est rayonnant de gloire et d'espérance;
Il lève vers les cieux un regard assuré:
Il prie, el l'on croit voir un mortel inspiré.
D'une voix formidable aussitôt il s'écrie;
»Nul de nous n'a trahi son dieu ni sa patrie;
Français, souvenez-vous de nos derniers moments;
Nous sommes innocents, nous mourons innocents.
L'arrêt qui nous condamne est un arrêt injuste.
Mais il est dans le ciel un tribunal auguste ,
Que le faible opprimé jamais n'implore en vain,
El j'ose l'y citer, ô pontife romain!
Encor quarante jours!... je t'y vois comparaître,'*
Chacun en frémissant écoutait le grand-maître:
Mais quel étonnement, quel trouble, quel effroi ,
Quand il dit: >0 Philippe, ô mon maître, ô mon roi!