Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Mène-moi dans i'Eubée, ou bien dans ta patrie;
Le chemiu n'est pas long à la rive chérie
Où j'ai reçu le jour, aux bords du Sperchius,
Bords charmants, et pour moi depuis longtemps perdus!
Mène-moi chez les miens, rends un fils à son père.
Et que je crains, ô cielî que la Parque sévère
De ses ans, loin de moi, n'ait terminé le cours!
J'ai fait plus d'une fois demander ses secours :
Mais il est mort sans doute; ou ceux de qui le zèle
Lui devait de mon sort porter l'avis fidèle,
A peine en leur pays, ont bien vite oublié
Les serments qu'avait faits leur trompeuse pitié.
Ce n'est plus qu'en toi seul que mon espoir réside ;
Sois mon libérateur, ô Pyrrhus! sois mon guide;
Considère le sort des fragiles humains :
Et qui peut un moment compter sur les destins?
Tel repousse aujourd'hui la misère importune.
Qui tombera demain dans la même infortune.
Il est beau de prévoir ces retours dangereux.
Et d'être bienfaisant alors qu'on est heureux.
La Harpe.
LOUIS IX,
menacé de la mort par le Soudan d'Egypte, donne à Philippe,
son fils, ses dernières instructions.
Louis.
Je reconnais mon fils: au-dessus de malheur,
Rien ne semble impossible à sa jeune valeur.
J'aime celte vertu qu'en lui mon peuple honore,
Mais la France à son roi demande plus encore.
Tu peux l'être bientôt. 0 mon fils, mon cher fils,
Entends mes derniers vœux et mes derniers avis;
Grave-les dans ton cœur. Si le Ciel, qui me frappe,
Veut aux coups d'.AImodan que ja jeunesse échappe,
S'il te rend aux Français, que tu dois gouverner,
Songe aux nombreux écueils qui vont l'environner;
Et, suivant le chemin que le trace ton père.
Joins au bien qu'il a fait le bien qu'il n'a pu faire.