Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Qui vois ce que je puis, qui connais ce que j'ose.
Des Ligueurs et de moi tu sépares la cause ! . ...
Je puis lever vers toi mes innocentes mains:
Tu le sais, je tendais tes bras à ces mutins;
Tu ne m'imputes point leur malheur et leurs crime&.
Que Mayenne, à son gré, s'immole ces victimes;
Qu'il impute, s'il veut, des désastres si grands
A la nécessité, l'excuse des tyrans;
De mes sujets séduits qu'il comble la misère;
11 en est l'ennemi, j'en dois être le père:
Je le suis; c'est à moi de nourrir mes enfants.
Et d'arracher mon peuple à ces loups dévorants.
Dût-il de mes bienfaits s'armer contre moi-même ^
Dussé-je, en les sauvant, perdre mon diadème,
Qu'il vive, je le veux, il n'importe à quel prix;
Sauvons-le malgré lui de ses vrais ennemis;
Et, si trop de pitié me coûte mon empire.
Que du moins sur ma tombe un jour on puisse lirer
»Henri, de ses sujets ennemi généreux,
Aima mieux les sauver que de régner sur eux."
11 dit, et dans l'instant il veut que son armée
Approche sans éclat de la ville affamée.
Qu'on porte aux citoyens des paroles de paix,
Et qu'au lieu de vengeance on parle de bienfaits.
A cet ordre divin ses troupes obéissent,
Les murs, en ce moment, de peuple se remplissent;
On voit sur les remparts avancer à pas lents
Ces corps inanimés, livides et tremblants;
Quel est de ces mourants l'étonnement extrême!
Leur cruel ennemi vient les nourrir lui-même:
Tourmentés, déchirés par leurs fiers défenseurs.
Ils trouvent la pitié dans leurs persécuteurs.
Tous ces événements leur semblaient incroyables:
Ils voyaient devant eux ces piques formidables.
Ces traits, ces instruments des cruautés du sort.
Ces lances, qui toujours avaient porté la mort,
Secondant de *Henri la généreuse envie.
Au bout d'un fer sanglant leur apporter la vie.
uSont-ce là", disaient-ils, »ces monstres si cruelst
Est-ce là ce tyran si terrible aux mortels?