Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord.
N'a-t-on point de présent à faire,
Point de pourpre à donner, c'est en vain qu'on espère
Quelque refuge aux lois: encor leur ministère
A-t-il mille longueurs. Ce discours un peu fort
Doit commencer à vous déplaire :
Je finis; punissez de mort
Une plainte un peu trop sincère.
La Fontaine.
LE CHÊNE ET LE ROSEAU.
Le chêne un jour dit au roseau :
//Vous avez bien sujet d'accuser la nature ;
Un roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent qui, d'aventure.
Fait rider la face de l'eau.
Vous oblige baisser la tête;
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil.
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage.
Vous n'auriez pas tant à souffrir;
Je vous défendrais de l'orage.
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste."
— //Votre compassion," lui répondit l'arbuste,
//Part d'un bon naturel, mais quittez ce souci,
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables;
Je plie et ne romps pas. Vovs avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos,
Mais attendons la fin." Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le nord eût porté jusque-là dans ses flancs.