Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
115
Et pourquoi sommes-nous les vôtres? qu'on me die 1)
En quoi vous valez mieux que cent peuples divers?
Quel droit vous a rendus maîtres de l'univers ?
Pourquoi venir troubler une innocente vie?
Nous cultivions en paix d'heureux champs, et nos mains
Étaient propres aux arts ainsi qu'au labourage.
Qu'avez-vous appris aux Germains?
Ils ont l'adresse et le courage :
S'ils avaient eu l'avidité,
Comme vous, et la violence.
Peut-être en votre place ils auraient la puissance,
Et sauraient en user sans inhumanité.
Celle que vos préteurs ont sur nous exercée
N'entre qu'à peine en la pensée.
La majesté de vos autels
Elle-même en est offensée:
Car sachez que les immortels
Ont les regards sur nous. Grâces à vos exemples
Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur.
De mépris d'eux et de leurs temples,
D'avarice qui va jusques à la fureur.
Rien ne suffît aux gens qui nous viennent de Roms:
La terre et le travail de l'homme
Font, pour les assouvir, des efforts superflus.
Retirez-les : on ne veut plus
Cultiver pour eux les campagnes.
Nous quittons les cités, nous fuyons aux montagnes;
Nous laissons nos chères compagnes :
Nous ne conversons plus qu'avec des ours affreux ,
Découragés de mettre au jour des malheureux,
Et de peupler pour Rome un pays qu'elle opprime;
Quant à nos enfants déjà nés,
Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornés.
Vos préteurs au malheur nous font joindre le crime.
Retirez-les; ils ne nous apprendront
Que la mollesse et que le vice :
Les Germains comme eux deviendront
Gens de rapine et d'avarice.
1) die pour dise.