Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Et, voyant un renfort qui nous vint secourir,
Changea l'ardeur de vaincre en ia peur de mourir.
Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en coupent les cables;
Nous laissent pour adieux des cris épouvantables.
Font retraite en tumulte, et sans considérer
Si leurs rois avec eux ont pu se retirer.
Ainsi leur devoir cède à la frayeur plus forte ;
Le flux les apporta, le reflux les remporte,
Cependant que leurs rois engagés parmi nous,
Et quelque peu des leurs tout percés de nos coups,
Disputent vaillamment et vendent bien leur vie,
A se rendre moi-même en vain je les convie ;
Le cimeterre au poing, ils ne m'écoutent pas ;
Mais, voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats.
Et que seuls désormais en vain ils se défendent,
Ils demandent le chef: je me nomme; ils se rendent.
Je vous les envoyai tous deux en même temps.
Et le combat cessa faute de combattants.
P. Corneille.
LE PAYSAN DU DANUBE AU SENAT ROMAIN.
Romains, et vous, Sénat, assis pour m'écouter.
Je supplie, avant tout, les dieux de m'assisler:
Veuillent les immortels, conducteurs de ma langue,
Que je ne dise rien qui doive être repris!
Sans leur aide, il ne peut entrer dans les esprits
Que tout mai et toute injustice;
Faute d'y recourir, on viole leurs lois.
Témoins nous, que punit la romaine avarice;
Rome est, par nos forfaits, plus que par ses exploits,
L'instrument de notre supplice.
Craignez, Romains, craignez que le ciel quelque jour
Ne transporte chez vous les pleurs et la misère;
Et mettant en nos mains, par un juste retour.
Les armes dont se sert sa vengeance sévère,
Il ne vous fasse en sa colère
Nos esclaves à votre tour.