Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: http://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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jusque dans la zone tonide, toutes ces contrées leur sont également
chères. Leur patrie, qu'elle soit au milieu de neige et de glaces
éternelles, et à peine éclairée par Tastre bienfaisant du jour, ou
qu'elle n'offre à leurs yeux que séclieresse, déserts et une nature
épuisée par les feux d'un soleil ardent, la patrie n'en est pas moins
pour eux un séjour de félicité qu'ils n'échangent jamais sans les
plus vifs regrets.
Demandez au pauvre Savoyard, que vous rencontrerez dans les
rues de Paris, s'il aime le lieu témoin des jeux de son enfance;
ni le tumulte de la capitale, ni les distractions multipliées qui se renou-
vellent à chaque pas, ne sauraient diminuer en lui le doux souvenir
de la patrie absente. Il n'aspire qu'au bonheur de revoir la fumée de
sa chaumine, adossée à la montagne sur laquelle les nuées se repo-
sent. Tout ce qu'il voit de beau, au sein du luxe et de l'opulence,
n'est rien à ses yeux comparativement aux rochers, aux torrents, aux
précipices de son pays. Parlez-lui de son village, il vous le dépeindra
d'après nature, et vous dira, dans sa poésie, les yeux mouillés de larmes :
Ah! qu'il est beau,
Notre *haracau.
Lui aussi vous prouvera, «que la fortune ne saurait être égale
entre les hommes," et qu'il n'existe personne qui ne ressente cet amour
inexprimable, sans borne, éternel pour doux pays de ses akux»
George Verenet.
UNE PROMENADE SUR LE LAC DE GENEVE,
Lorsque Voltaire s'écrie: Mon lac est le plus beau! iln'est pas
le seul poète qui ait placé le lac de Genève au premier rang parmi les
nappes d'eau de la Suisse. J.-J. Rousseau, dans sa Nouvelle Héloïse^
lord Byron, dans Childe Harold, M. de Boufflers, M. Alex. Dumas,
et d'autres auteurs, ont aussi célébré, dans leurs ouvrages, les
beautés ravissantes du Léman, avec une admiration toute poétique.
Curieux de contempler de plus près le magnifique tableau de la
chaîne des Alpes, et de le voir se dérouler à nos yeux, nous
résolûmes de nous embarquer sur le bateau à vapeur VHelvétie.
Genève était notre point de départ, et nous nous proposions d'aller
jusqu'à Villeneuve, c'est-à-dire jusqu'à l'extrémité du lac. Il nous
tardait, après avoir vu la roche calcaire du Salève^ le Palatin ou
le Janicule des Génevois, de saluer en passant la tête chenue du
iMont-Blanc, ce vénérable vieillard devant lequel^semblent se pros-